Interview photo
Sandro di Carlo Darsa, un photographe voyageur
Mercredi 04 Novembre 2009
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Mots clés : Info reportage




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A quel moment ta passion de la photo est elle devenue sérieuse ?
Tout est allé très vite, il y a trois ans une agence de stock m'a proposé de travailler avec elle alors que je n'avais encore jamais eu d'activité professionnelle en photo. Ce fut le premier pied dans la réalité d'un métier. Mais le réel déclic, plus personnel et qui va guider la suite de ma vie, date de septembre 2007, je suis en Birmanie pour un mois quand des affrontements éclatent, je suis au milieu et je prends conscience de l'importance de ce regard étranger pour rapporter l'information. Mon goût pour la photographie de guerre et de reportage est déjà très marqué mais à ce moment précis je suis transporté instantanément dans le vif du sujet. Depuis j'essaie de trouver des sujets intéressants et de raconter des histoires avec des photographies...
Qu'elles sont tes références en matière de photographie ?
Mes références touchent un vaste spectre photographique et pas toujours celui du reportage...L'investigation surprenante de Yevgeny Khaldei, les scènes de ville et les couleurs d'Harry Gruyaert, la douleur sourde de Larry Clark, la perfection des noir&blanc architecturaux de Lucien Hervé, le quotidien subtil de Bert Teunissen, les portraits au fond blanc d'Avedon, l'absurdité et la surprise de Jonas Bendiksen, la force de résumer une situation en une seule "image icône" de Nachtwey, la sensibilité "sale" de Stanley Greene et de Paolo Pellegrin... Il y en a beaucoup, le but reste évidemment l'humain, ses subtilités et raisons d'être.
D'ou te vient ce gout du voyage ?
là je n'ai pas la réponse...la curiosité, le gout des rencontres et de l'inconnu peut être.
Comment organise tu tes voyages photos ?
Je pars avec mon sac à dos, simplement... Peu de matos, un boitier, deux optiques et un enregistreur audio. La préparation consiste essentiellement à connaitre au mieux là où je mets les pieds: économie, politique, etc. Pour satisfaire cette envie je n'ai pas trouvé mieux que les livres, anciens ou actuels, tout est bon à prendre pour pouvoir anticiper au maximum sur le terrain et ne pas faire de gaffe et se faire accepter au mieux.
L'organisation est minime, je sais où je vais dormir les 2 premières nuits, pas plus. Les voyages durent en général un mois ou plus. Je veux rencontrer les gens, discuter, partager mon temps, me laisser porter par ce qui se passe c'est alors que je pourrais faire des photos plus personnelles et plus intéressantes selon moi que les classiques touristiques (que je visite toujours, rapidement et aux heures creuses, je déteste me retrouver dans la masse de touristes). Ce principe de voyage permet la liberté mais cela à un prix, je reviens plus fatigué qu'avant le départ et avec des photos moins attendues donc parfois plus difficiles à placer...
Étant adepte de la photo de reportage, qu'elles sont les choses à savoir et as-tu des conseils à partager ?
Être prêt à tout pour mieux se faire surprendre :) L'inattendu est la partie passionnante de la photo de reportage et des rencontres en voyage. Je crois qu'il faut être attentif à tout ce qui se passe autour de soi, encore plus en voyage et en reportage. Tout peut arriver et ce sera cette photo qui fera la différence.
Je passe donc beaucoup de temps à faire des recherches et à fouiller sur le web et dans les livres. Je suis aussi un fanatique des autres photographes, je lis beaucoup et je découvre sans cesse de nouvelles théories photographiques et de nouveaux horizons, c'est une nécessité il faut toujours remettre en question son travail.
Le risque est de perdre le sujet de la visite, il faut donc rester bien concentrer tout en laissant venir l'inatendu. Ce n'est pas si facile de réaliser des images clefs choisies a l'avance et en plus de s'adapter instantanément...
Quels sont tes projets ? Comment imagines-tu la suite de ton parcours photo ?
Je rentre juste d'un mois en Ouzbékistan, dans mes bagages je rapporte un sujet qui me tient a cœur, sur la jeunesse du pays, une jeunesse qui n'a pas connu le soviétisme. Il faut maintenant en faire quelque chose, le publier, le diffuser...
J'ai un début de reportage sur un amérindien d'Amazonie, un pisteur-chasseur en forêt, il faudrait que je retourne en Guyane et au Brésil pour avancer sur ce sujet. Mais je n'ai pas trop de temps cette année, je travaille actuellement sur un mémoire "La photographie de guerre et la ville" que je dois soumettre en février. Je suis en dernière année en école d'architecture et le diplôme approche à grand pas. Ce sera peut être une petite pause de 6-8 mois dans ma production photo même si un bref voyage à l'Ile de la Réunion est déjà prévu dans 1 ou 2 mois...
Partir pour revenir plein de rencontres, de souvenirs et de reportages est devenu une nécessite, j'ai la bougeotte et le besoin d'en apprendre encore plus sur les autres pour en faire profiter le plus grand nombre ici.
Peux-tu nous présenter une photo et nous en raconter son histoire ?
Cette photographie illustre parfaitement mon propos sur l'inattendu. Alors que je suis dans un cyber café à Tashkent, la capitale de l'Ouzbekistan, j'entends au fond de la salle des bruit électriques étranges et un groupe de jeunes qui chahutent. Je m'approche et je tombe nez à nez avec un garçon de 15-16 ans en train de tatouer son ami du même age! Quand j'ai vu ça j'ai d'abord essayé d'en savoir plus et lorsqu'on m'a expliqué que cette pratique du tatouage sauvage était courante j'ai décidé de prendre quelques photos sur le vif, la scène étant parfaitement en accord avec le reportage commencé trois semaines plus tôt sur la jeunesse ouzbek...
Pour en découvrir plus sur Sandro di Carlo Darsa, nous vous invitons à rejoindre son reportage photo, Ils ont moins de 25 ans en Ouzbékistan par Sandro di Carlo Darsa.
Le site et le blog souvent mis à jour de Sandro di Carlo Darsa.





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