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Olympus Pen E-P1 : le Test
Dimanche 10 Janvier 2010
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Premier contact
A titre personnel, il me tardait de découvrir ce type d’appareil peu encombrant, à objectif interchangeable, réglable à souhait et surtout qui n’effraie pas le badaud lorsqu’on s’apprête à prendre une photo avec un boîtier réflex.
Mais avant de passer sur le terrain, il faut découvrir et sentir ce bijou. Eh oui, lors des premiers contacts visuels et tactiles, cela ne fait aucun doute. Olympus a choisi de travailler sur la qualité de fabrication avec des matériaux et des tons agréables et esthétiques. Pour notre test, nous avons eu la version blanche/ocre accompagnée du flash FL-14, du 17mm f/2.8 qui fait envie au photo-reporter qui est en moi et du viseur optique qui accompagne cet objectif.

La prise en main de l’E-P1 est agréable. Le poids du boîtier n’est pas sans nous rappeler que ce dernier veut jouer dans la cour des grands. Même si cela peut déranger un photographe qui cherche un produit léger et compact, son poids lui donnera certainement plus de stabilité à la prise de vue. Son encombrement est bien entendu supérieur à un appareil compact ; mais il reste toujours bien inférieur à un reflex (surtout avec le 17mm "pancake") et rentrera aisément dans une grande poche.
Allumons maintenant ce bijou. Adepte du reflex et de sa visée, j’ai toujours du mal à me sentir à l’aise avec un boîtier à visée électronique via un écran. Ici, nous n’avons pas le choix. Il existe effectivement le viseur optionnel mais il s’agit simplement d’une petite lucarne adaptée à la focale et aux photographes n’ayant pas de lunettes. Aucune information ne s’affiche sur celui-ci (ouverture, vitesse, correction d’exposition...) et donc l’utiliser relève un peu de la chance car nous sommes incapables de savoir avec certitude où la mise au point a été effectuée au moment du déclenchement. Heureusement, pour les utilisateurs de reflex, le bel écran 3" nous fait vite oublier l'absence d'un viseur digne de ce nom.
Micro 4/3, format de taille à s'imposer ?
Lors de l'apparition des premiers appareils photos numériques, le format 4/3 s'imposait comme une logique héritée des écrans d'ordinateur de l'époque. Depuis, ces derniers ont évolué au même titre que notre univers de capteurs qui a vu naître un format 3/2, hérité lui du format "grand public" des pellicules argentiques 24x36. Dans une période où beaucoup de marques développent ce dernier format, Olympus reste fidèle à son capteur Micro 4/3, aussi bien pour son E-P1 (et bientôt E-P2) que pour sa gamme reflex.
Depuis les débuts de la photographie, beaucoup de formats existent. Prenons, par exemple, le cas du moyen format en argentique. Pour ce même type de boîtier, nous allons trouver plusieurs formats dépendants de l'appareil : 6"x6", 6"x4.5" ou encore 9"x6". Le photographe a toujours été confronté à une variété de format. Quelque soit celui utilisé, les règles de compositions sont toujours les mêmes, bien que nécessitant une adaptation.
Pour en revenir à l'E-P1, celui-ci offre la possibilité de modifier le format de prise de vue, à savoir choisir entre 4/3, 3/2, 16/9,... Mais il ne faut pas se faire d'illusion, les formats autre que 4/3, qui est le format natif du capteur, ne sont que des recadrages appliqués par l'appareil lors de la prise de vue. Il est donc préférable de conserver le format 4/3 afin de garder les pleines capacités du capteur et effectuer les recadrages à posteriori.

Menus, l'essentiel est là
Avec l'évolution technologique, certains constructeurs se lancent dans l'extrême configuration où tout devient paramétrable sur le boîtier. Olympus, dans son E-P1, a choisi d'aller à l'essentiel. Les menus sont clairs et simples. On va rapidement là où l'on souhaite. Comme sur ses boîtiers reflex, le constructeur a donné la possibilité de paramétrer trois touches à l'arrière de l'appareil. Avec cette possibilité, l'ergonomie prend une tout autre dimension.
Dans ce paramétrage, nous avons même la possibilité de définir en parallèle la configuration du déclencheur et de la touche AEL-AFL. A partir de là, nous avons une totale liberté sur la gestion de la mise au point, de la mesure d'exposition et du déclenchement. Chacun va pouvoir travailler comme il le désire ou alors modifier la configuration en fonction des conditions de prises de vue.
Cela dit, je retiendrai un petit bémol sur le boitier dans son ergonomie, l’accès à la sélection des collimateurs n’est pas optimal. Il est nécessaire d’aller dans le menu « prise de vue » (accessible via le bouton OK), puis de choisir « Zone AF sélective » pour enfin pouvoir prendre le collimateur souhaité.
Autofocus perfectible
Au même titre que les autres boitiers compacts ou bridges, l’Olympus Pen E-P1 est équipé d’un autofocus électronique par micro-contraste. Il en comporte donc le défaut majeur, à savoir un AF parfois approximatif car on sélectionne une zone. Par exemple ci-dessous, pendant une sortie dans les rues de Lyon, le boitier n’a pas réussi à faire la mise au point lors de la sélection de la zone rouge. Il a fallu sélectionner une autre zone AF, la verte, afin de prendre la photo en utilisant l’autofocus.

Le boitier donne la possibilité d'effectuer la mise au point manuellement. Si l'utilisateur opte pour cette solution, un zoom x7 est appliqué à un endroit de la prise de vue afin d’effectuer une mise au point très précise grâce à la bague de l’objectif. D’ailleurs cette bague est infinie et le sens de rotation peut-être inversé dans le menu. Cela peut paraître déroutant lorsque l’on n’a pas l’habitude mais, in fine, on prend plaisir à l’utiliser car le résultat est très précis.
Des hautes sensibilités prêtes à toute épreuve ?
Lors d’un reportage en condition lumineuse particulière ou faible, il est important d’avoir la possibilité de monter aisément en sensibilité. Il faut être capable d’effectuer une photo de nuit avec des vitesses permettant de figer des mouvements. Dans ce domaine, l’Olympus Pen E-P1 part avec un petit handicap qui est la taille du capteur. Bien entendu, je ne vais pas le comparer à un compact standard car son ambition est réellement de se confronter aux boitiers reflex et donc performances de ceux-ci.

Marché de noël à Colmar
Le test a été effectué à partir de 800iso, sur les sensibilités inférieures et avec la technologie actuelle, les qualités d'images ne sont pas discutables. C'est plus haut que la différence se fait.

Sur la photo de test, on constate que le résultat est tout à fait honorable jusqu’à 1600iso. Au-delà, le bruit présent devient vraiment gênant à la lecture de l’image. Au cours de notre test, nous avions en notre possession le 17mm f/2.8. Cet objectif lumineux permet un travail très confortable à 1600iso dans des conditions de lumières difficiles. Un objectif moins lumineux pourrait s’avérer limite pour un travail à main levée dans ces mêmes conditions.
Une stabilisation efficace
Lorsque j’évoque la stabilisation d’un objectif ou d’un capteur, je pense toujours à la publicité d’un constructeur d’appareils qui ventait les mérites de son outil électronique en montrant son personnage réussissant à photographier à partir d’une voiture qui démarre. Cela m’a donné envie de tester la stabilisation de l’E-P1 dans un véhicule en mouvement. Bien entendu, le sujet doit être une partie de la voiture, l’intérêt étant de vérifier la gestion des vibrations par l’outil. Les deux photos de test ont été prises à 1/10s, vitesse inférieure à la tolérance pour éviter le flou de bougé.

Photo prise à 1/10s à partir d'une voiture à 90km/h
Le test parle de lui-même. Le stabilisateur vous accompagnera sans problème dans les situations les plus délicates. Dans le menu, il est possible de le régler sur les corrections de mouvements verticaux, horizontaux ou sur les deux.
L'Olympus Pen E-P1 au marché de Noël de Colmar
Jusqu'à maintenant, nous avons parlé des parties techniques essentielles à la prise de vue. Mais comment se comporte un tel boitier sur le terrain ? Ces fêtes de fins d'années apporterent donc sur un plateau un sujet de rue intéressant, le marché de Noël. Dans de telles situations, il est parfois difficile de prendre des personnes isolées, des scènes d'échanges avec un appareil réflex. Très souvent, celui-ci impressionne et est assimilé à une personne maitrisant parfaitement l'art de la photographie. Dès les premières photos, l'appareil attire la curiosité des autres photographe et surtout l'indifférence des passants et commerçants. Le resultat s'en ressent rapidement sur la prise de vue avec une hésitation moindre à déclencher et surtout des attitudes plus naturelles sur les scènes photographiées.
Ergonomiquement, la prise en main se fait de manière aisée et, une fois programmées en fonction du besoin, les touches d'accès rapides sont très agréables. Changer des réglages tels que la sensibilté ou encore la balance des blancs s'effectue relativement rapidement et simplement. En quelques secondes, on a réglé l'appareil d'une prise de vue extérieure à une prise de vue intérieure, et vice et versa. Le seul regrêt, pour en avoir déjà parlé plus en détail, reste la zone AF qui est moins facilement modifiable. Cela dit, pour palier à ce manque, il est préférable de rester sur la zone centrale et appliquer un recadrage entre la mise au point et le déclenchement. Cette dissociation peut être faite soit sur le paramétrage du déclencheur, soit en utilisation une touche paramétrable et lui associer la mise au point.
Au cours du test, nous avons eu l'objectif 17mm f/2.8 qui a pu s'exprimer pleinement durant cette sortie. Nul doute que cet objectif lumineux et relativement efficace à pleine ouverture est le compagnon parfait de l'E-P1 pour un photographe-reporter qui souhaite voyager léger. Sa construction "pancake" permet de glisser facilement l'ensemble dans une poche de blouson entre deux photos, sous réserve que la poche ne soit pas trop petite.
L'Olympus Pen E-P1 jusqu'au bout de la nuit
Dans la photographie, s'il y a bien un domaine où les écarts se resserrent entre les gammes d'appareil, c'est la photo de nuit en pose longue. L'Olympus Pen E-P1 s'est même présenté très à son avantage dans cet exercice. L'écran 3" devient un bel outil pour préparer sa prise de vue. On prend plaisir à composer, régler,... Enfin bref, on prend son temps pour être efficace des le premier cliché. Des outils sont là pour nous aider comme l'histogramme que l'on peut voir évoluer en direct afin de paufiner notre exposition (le nerf de la guerre en photo de nuit à cause des forts contrastes). La configuration de la balance des blanc en mode tungsten apporte une douceur à la photo.
Conclusion
Olympus, avec son E-P1, propose une très belle alternative aux reflex et surtout un très beau compagnon pour le photographe reporter s'il est accompagné du 17mm f/2.8. En dehors de son esthétique irréprochable pour la forme, cet appareil répond présent sur le fond en proposant une très bonne qualité d'image. Après s'être habitué à l'egonomie et au format 4/3 (pour les adeptes du 3/2), cela devient un vrai plaisir à le manipuler et à prendre des photos.
Bien entendu, le boitier possède quelques défauts, Olympus en a conscience et a songé à en gommer quelques uns avec son Olympus Pen E-P2, on pourrait juste regretter une sortie trop proche de celle de son prédécesseur. Néanmoins, les évolutions sont minimes et l'E-P1 reste un bel investissement.
Nous avons aimé :
- un look vintage et une qualité de fabrication irreprochable
- menu simple et clair avec des touches programmables
- la qualité d'image jusque 1600iso pour un micro 4/3
- la stabilisation efficace
- le focus manuel précis et agréable à utiliser
Nous avons moins aimé :
- le viseur fourni qui impose une part de hasard à la photo
- la sélection de la zone AF
Fiche Technique
- Constructeur: Olympus
- Plateforme: PC et Mac
- Capteur: Live Mos
- Taille du capteur: 18x13.5mm (Micro 4/3)
- Nombre de mégapixels: 12 MP
- Type: Compact à objectif interchangeable
- Sensibilité max: 6400 en mode étendu
- Vitesse: 60s à 1/4000s
- résolution image maximum: 4032 x 3024
- Prise de vue en rafale: 3 i/s
- Support de stockage: SD, SDHC
- Format de fichier: JPEG / RAW
- Ecran LCD: 3 pouces
- Viseur: Ecran arrière (+ optique en option)
- Synchro flash externe: Oui
- Enregistrement Vidéo / Audio: Oui
- Interface(s): USB 2.0
- Alimentation: batterie Ion Lithium
- Dimensions (l x p x h) en mm: 12,1x3,6x7
- Poids net en g: 350 g
Vous trouverez dans la galerie une série de photos réalisées lors du test. Les photos présentées n'ont subi aucun post-traitement.
Vous pouvez découvrir le reportage photo d'Eric Martzloff réalisé avec l'E-P1 en cliquant sur l'image :
Marché de Noël à Colmar par Eric Martzloff (réalisé avec l'Olympus E-P1)
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