Dossier
Corbis, ou le grand-frère de Google ?
Jeudi 28 Janvier 2010
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Mots clés : Marché photo




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La genèse
A sa création, Corbis (alors appelé Interactive Home System) négociait avec des musées, des photographes et autres artistes les droits de reproduction numérique de leurs œuvres. L'entreprise se chargeait de les numériser et de les distribuer en versant en contrepartie des droits d'auteurs aux propriétaires. Corbis qui mettait en avant l'aspect culturel de son travail disait « libérer les images » pour inciter le public à visiter musées et expositions.
Corbis - 1997
Du CD-ROM à l'internet, à la recherche d'un modèle économique
Toutes ces images numérisées, avec le coût que cela représente, devait bien un jour être partagées. C'est sous la forme de CD-ROM que Corbis décida de diffuser certaines de ces œuvres. L'entreprise proposa donc au public des disques intitulés « Leonardo Da Vinci » ou « une passion pour l'art » qui comprenaient des reproductions d'œuvres d'arts ainsi que des légendes et des traductions simultanées. Mais cette première tentative ne fut pas couronnée de succès. La direction de Corbis tempéra l'échec en déclarant que les CD-ROM n'étaient qu'un outil de transition vers la nouvelle autoroute de l'information, internet.
Corbis - 1999
La révolution de l'image
C'est donc en 1996 que le site internet est crée pour répondre au bouleversement qu'a créé l'arrivée en masse du numérique. En effet, cet alternative à l'argentique provoque un changement majeur, ce format immatériel implique que le commerce d'image ne peut se faire que par la vente de droits d'exploitation pour la reproduction. Il n'y a plus vraiment d'œuvre originale vu que celle-ci peut-être dupliquée à l'infini. Cette révolution liée à celle de l'internet a une autre résultante, ce n'est plus l'éditorialiste qui sélectionne des clichés pour les clients mais c'est lui qui vient se servir dans une immense base de données.
Corbis - 2002
Critiques et enjeux culturels
- Le travail de Corbis n'a pas fait que des émules, et de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les abus de la société de Bill Gates et la démarche globale de numérisation des œuvres visuelles.
- La perte de qualité engendrée par la numérisation. Cette critique qui pouvait être valable il y a 15 ans n'est plus vraiment d'actualité face à la fulgurante amélioration de la qualité des images numériques
- La perte de matérialité et d'historicité du cliché. Le numérique ne permet plus d'avoir un support unique et daté. Selon les critiques, les images perdent de leur côté exceptionnel et tombent dans la banalité comme toute vulgaire copie d'une œuvre.
- L'initiative de Corbis est purement commerciale et se désintéresse totalement des œuvres numérisées. Le seul but est d'en tirer profit, non pas de les partager et de les rendre universellement visibles. Doug Rowan, PDG de Corbis en 1996, déclare en réponse à ces critiques que Corbis n'est pas une association caritative.
- Quasi-monopole de Corbis (et de son principal concurrent Getty images) sur le patrimoine culturel visuel mondial. C'est ici la principale critique, Corbis, sorte de bibliothèque numérique se différencie d'une archive classique par un détail de taille, celle-ci est payante et fermée au grand public !
Alors, Corbis, entrepise philantrope ou avide d'argent ? A chacun de se faire son idée au vu des éléments de cet article et du très bon essai d'Estelle Blaschke.
Quelques clés de compréhension supplémentaires :
- Sur les 100 millions d'images que compte la banque d'archives, seulement 4 millions sont disponibles sur le site internet.
- Flickr et Facebook, en moins de 6 ans ont récolté de façon tout à fait gratuite plus de 3 milliards d'images
- Corbis n'a jamais fait de bénéfice
Chacun analysera le travail de Corbis à sa façon, ce qui est certain, c'est que ce genre d'initiatives a sûrement inspiré le géant de l'internet, Google, qui s'est lancé dans une numérisation massive et parfois illégale de nombreux ouvrages littéraires.
Article inspiré du travail de Estelle Blaschke sur Corbis - ou la démesure de l'archive.




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