Test
Leica X1 : le test
Lundi 29 Mars 2010
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Dans le monde de la photographie, s'il y a une marque qui n'a plus lieu d'être présentée, c'est bien Leica. Par son ingénieux créateur Oskar Barnack, la marque allemande proposa en 1914 une alternative compacte aux appareils de l'époque. Au fil du temps, cette compacité est restée un maitre mot pour les différents modèles. Et, malgré une facture souvent salée, la popularité de la marque dans le monde de l'argentique a aussi grandi grâce à un système télémétrique très précis, une ergonomie efficace et des optiques remarquables.
Néanmoins, c'est avec un tout autre produit que Leica tente aujourd'hui de conquérir le marché de la photographie. Le modèle compact X1 se veut être le premier prix (autour de 1500€ tout de même) d'une gamme dédiée aux professionnels ou amateurs passionnés. L'atout principal de ce boitier, par rapport aux D-lux qui le précédaient, est un capteur APS-C similaire à certains boitiers réflexes réputés du marché. Dans ce secteur du compact à objectif fixe, seul Sigma avait sorti sa série DP. On peut donc espérer les allemands prendre une part intéressante avec le X1 si le produit est à la hauteur de ce dont est capable la marque.
Premiers contacts
C'est avec une impatience non dissimulée que je découvre en vrai ce boitier. Au premier coup d'oeil, on sent de suite l'empreinte Leica avec bien entendu le point rouge de la marque, mais aussi ces lignes rétros qui font le charme de leurs produits. D'ailleurs, tellement "rétro" que, lors des tests, certains passants curieux furent surpris de découvrir que le boitier était numérique.


Mais à la prise en main, un petit sentiment de déception m'envahit. La qualité du plastique noir manque un peu de chaleur au toucher et le choix esthétique d'une bague de mise au point factice autour de l'optique n'est pas judicieux car on a envie de la tourner, surtout lorsqu'on aime travailler avec une mise au point manuelle. Pour le reste, nous avons quelque chose de propre, de classe et avec la touche rétro accentuée grâce à l'agrément de la lanière tout en cuir.
Une ergonomie qui a fait le tour du monde
Sur ce boitier, l'ergonomie classique de Leica est reprise. On ne se formalise pas avec une molette de réglage des modes. Rapidement accessible avec le pouce droit, seules les deux molettes de sélection de la vitesse ou de l'ouverture vont nous permettre de jongler entre les 4 modes suivants : automatique, manuel, priorité vitesse et priorité ouverture. Le principe est très simple. Sur chacune des molettes, il y a un A rouge représentant le mode automatique, à savoir laisser le boitier définir cette valeur. Donc si vous souhaitez, par exemple, travailler en mode priorité ouverture, vous laissez la molette "vitesse" sur A et vous variez celle de l'ouverture à votre convenance.

Juste en dessous de nos deux molettes, celle de la mise au point manuelle est aussi très précise et très agréable à manipuler. Enfin, surprenant au début, le déclencheur est très doux à manipuler et notre index droit le trouve de manière assez naturelle. Il est est de même pour le bouton d'allumage du boitier qui se trouve autour du déclencheur.
Malheureusement, Leica est aussi resté dans la même approche que les boitiers précédents concernant les menus. Nous trouvons une liste d'éléments les uns en dessous des autres sans classification par catégorie. Heureusement que les données accessibles via un bouton n'ont pas été dupliqués dans le menu. Sans ça nous aurions une liste sans fin qui nous découragerait définitivement de trouver ce que l'on cherche.
Un Auto-Focus perfectible
Leica est expert en télémétrique, par contre ce n'est malheureusement pas le cas pour la mise au point par micro-contraste. Celle-ci n'est pas aussi lente que le Sigma DP1, mais elle peut être facilement mise à défaut. S'il y a un léger mouvement lors de la mise au point au niveau du collimateur, le boitier peut ne pas réussir à la faire. Cela dit, comme tous les appareils de ce niveau, nous avons toujours la possibilité de passer sur la mise au point manuelle. Dans ce cas là, on peut configurer l'apparition d'un zoom x10 sur la partie centrale de l'écran et, dessous, on soulignera l'apparition judicieuse d'un graphe indiquant la distance de mise au point.

Dernier détail concernant la mise au point, il n'y a que deux possibilité de choix de zone AF : soit en automatique sur 11 points, soit sur la zone centrale. Ne faisant jamais confiance au boitier pour le choix de la zone de mise au point, j'ai travaillé continuellement avec la seule centrale. Cela nécessite donc un recadrage systématique lors des prises de vue. D'ailleurs, le zoom lors de la mise au point manuelle s'effectue dans la même zone.
S'adapte à toutes les conditions de lumière
Pour du reportage, afin de conserver les ambiances de la scène photographiée, il est important d'avoir un boitier capable de gérer les conditions de lumière difficile. Avec le X1, techniquement, on n'est pas déçu. Transportant un capteur qui est une des références sur le marché actuel, la montée en sensibilité s'effectue sans gros dégat jusqu'à 3200iso, sensibilité maximale du boitier. on prendrait presque la facilité à utiliser cette sensibilité dans des conditions difficiles afin de se donner un confort de prise de vue au niveau de la vitesse ou de l'ouverture. D'ailleurs, contrairement aux autres tests, je vais présenter une photos uniquement à 3200iso. Le résultat parle de lui même.

Lyon, Place Bellecour

100% à 3200iso
Une telle montée en sensibilté est vraiment un avantage pour de la photo de reportage. Cela dit, ce n'est pas son seul gros atout. Le X1 s'avère aussi très performant dans la gestion de l'exposition. Il est capable d'avoir une exposition juste lors de forts contrastes et donc avoir un équilibre judicieux entre les zones sombres et les hautes lumières de la scène photographiée. Ainsi, en photo de nuit par exemple, il n'est pas nécessaire de surexposer là ou certains boitiers un peu plus anciens requièrent une surexposition de parfois +2 ILs.
Enfin, nous sommes en numérique et, à chaque prise de vue, la question de la balance des blancs se pose. Pour la plupart des boitiers du marché, le mode automatique gère très bien en lumière naturelle mais éprouve plus de difficulté en lumière artificielle. Le Leica X1 n'a quasiment pas été pris à défaut durant le test, même lors de prises de vue avec des lumières artificielles.

Prise de vue à +0 EV - Balance des blancs Auto
Une optique à la hauteur
Dans la photographie, si l'on raisonne purement matériel, une part importante de la qualité de la photo est due à l'optique. Cette dernière est souvent le talon d'achille des appareils compacts. Mais voila, nous sommes en présence d'un boiter Leica avec un rang à respecter. L'objectif présent sur le X1 propose une focale fixe 24mm f/2.8 (équivalent 35mm, focale généralement utilisée pour le reportage). Ce dernier ne déçois pas. A pleine ouverture, le piqué est déjà présent. De ce fait, la photo de rue de nuit devient un vrai régal. Malgré un AF un peu lent, on peut compter sur la qualité optique du boitier. A ce niveau là, Leica a encore une longueur d'avance sur la concurrence.

Lyon - quais de Saône

zoom 100% à f/2.8
Conclusion
Cela ne fait aucun doute, nous sommes bien devant un produit Leica. Le point rouge n'est pas juste une griffe qui cache une déception. La qualité est au rendez-vous. Bien que l'Auto-Focus soit perfectible et loin de ce que peuvent proposer certains compacts du marché, le boitier reste néanmoins très agréable à manipuler grace à son ergonomie éprouvée et adoptée par beaucoup de photographes. Il s'adapte à toutes les conditions. Travailler à main levée dans les conditions de faible lumière devient presque un besoin.
Malheureusement, avec ce genre de produits, on peut se poser la question du prix. Un tel matériel nécessite-t-il un investissement autour de 1500€ ? Tant le marché du numérique évolue vite.
Enfin, le petit plus dont on n'a pas encore parlé, Leica offre une license Adobe Lightroom 2 avec l'achat d'un X1.
Nous avons aimé :
- une compacité du boitier très intéressante
- une ergonomie éprouvée et intuitive
- excellente qualité d'image, même à 3200iso
- qualité optique à pleine ouverture
- La licence Adobe Lightroom
Nous avons moins aimé :
- AF lent
- menu sans catégorie et confus
- plastique de construction pas au niveau du produit, surtout à ce prix là
- prix encore trop élevé, surtout à la vitesse où évolue le numérique
Fiche Technique
- Constructeur: Panasonic
- Plateforme: PC et Mac
- Capteur: CMOS APS-C
- Nombre de mégapixels: 12.9 MP
- Type: Compact
- Sensibilité max: 3200
- Vitesse: 30s à 1/2000s
- résolution image maximum: 4272x2856
- Prise de vue en rafale: 3 i/s
- Support de stockage: SD, SDHC
- Format de fichier: JPEG / RAW
- Ecran LCD: 2.7 pouces (230000 px)
- Viseur: Ecran arrière (+ optique en option)
- Synchro flash externe: Oui
- Interface(s): USB 2.0, sortie HDMI
- Alimentation: batterie Ion Lithium
- Dimensions (l x p x h) en mm: 124 x 32 x 59.5
- Poids net en g: 286 g
Vous trouverez dans la galerie une série de photos réalisées lors du test. Les photos présentées n'ont subi aucun post-traitement.
Nos tests de boitiers photo :
Samsung NX-10 : Le Test
Canon PowerShot G11 : Le Test
Un Mois avec le Panasonic GF1 et son 20mm
Canon EOS 7D : Prise en Main
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