Uyuni. Petite ville dévorée par les grands espaces désertiques qui l'entourent, à perte de vue. Rues extrêmement droites et larges comme si leur édification n'avait été décidée que pour laisser s'engouffrer le blizzard de l’Altiplano au cœur même de la ville, communicant de maison en maison la présence de sa force tumultueuse et glaciale. Il pèse ici comme un silence austère et inexplicable sur les hommes que je rencontre. Les conditions climatiques et la dureté de la vie a durci à tel point leur visage qu'il en est devenu, dans son excessive expressivité, hermétique et secret.
Je fais à peine quelques pas en direction de la place centrale qu'au plus profond de mon être c'est comme le vide âpre et ravageur du désert qui m'assaille. Et où que je promène mon regard c'est l'horizon plan et infini du sable et du ciel qui envahit l'espace. Les hommes ici ont la taille d'une particule de sable dans un océan de brun et d'ocre incommensurable. Perdus dans le froid et l'aridité exemplaires, ils n'ont d'autre alternative, avec des croyances et des superstitions, que de prier le désert de les laisser en paix, de ne pas voler leur âme à l'improviste et les laisser alors aux prises avec l'esprit du diable et ses forces maléfiques.
Infime et sans défense, oui, on est comme cela à Uyuni, et on finit par reconnaître l'ascendant que peuvent avoir les forces de la nature sur soi. Mais pour un indien de l'Altiplano ce n'est pas la même chose. Lui apprend dès sa naissance combien sont nombreuses les limites de l'homme. Pour comprendre cela il n'a pas besoin de réfléchir longtemps, il tourne ses yeux vers le désert et il sait.
Site de l’auteur : www.laurent-guyonvarch.com
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Supermetrope Membre actif |
Commentaire 1 / 1 publié le 31-01-2011 à 09h40
Bonjour
bravo pour ce reportage qui me rappelle tant de bon souvenirs. Très beau portraits et paysages magnifique. Cordialement. |
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