« Parce que c'est beau ! », me répond Januki RANA THARU, 40 ans, les yeux pétillants de malice, quand je lui demande « Pourquoi portez-vous des tenues aussi colorées? ».
Les premières personnes à vous accueillir quand vous pénétrez dans la cour d'une maison RANA THARU se sont bien elles, tête haute et regard serein. D'une voix douce et affirmée, elles vous invitent dans leur monde ajusté au rythme des saisons et de la nature. Le rythme de vie est quelque peu différent de celui de la capitale, rythme paisible, adapté à l'environnement.
En échange de quelques œufs, d'un poulet ou de quelques légumes, elles repartent du bazar avec des étoffes multicolores pour coudre la tenue qu'elles porteront les mois suivants. Les hommes labourent, plantent et tissent les filets que les femmes utilisent pour pêcher.
La vie quotidienne des femmes RANA THARU est essentiellement dédiée à la confection de leurs tenues, entre parties de pêche, cuisine, cultures et construction de l'habitat en terre. La confection des tenues s'effectue en 13 jours, sans croquis. Les tenues changent de style tous les ans, selon la mode des tissus récupérés. La fête des couleurs Holi, qui annonce le printemps, est une bonne occasion de montrer leur beauté.
Ce peuple, selon la légende, vivait en Inde dans le Rajasthan, cinq siècles auparavant. Les femmes ont fuient, avec enfants et serviteurs, l'invasion des Mongols. Les maris, eux, sont restés au combat... Les Rana Tharu, Princesses de la forêt, tout droit sorties d'un rêve, seraient le premier peuple à s'être installé dans les jungles du Teraï et immunisé contre le paludisme.
Dans cette jungle, les Rana sont tellement peu, qu'ils sont invisibles aux yeux de leurs concitoyens, à fortiori du gouvernement népalais. Ils sont animistes mais deviennent de plus en plus hindouistes.
Comment grandir, comment devenir une népalaise ou un népalais Rana Tharu à part entière si leur culture n'existe qu'au travers d'une danse traditionnelle ou d'une jupe bariolée aperçue dans un programme culturel télévisé ? Ils sont 200 000 à vivre au Népal, à peine 4 personnes ont un master et environ une petite dizaine ont leur Bac.
La discrimination se fait encore sentir à notre époque et l'association de préservation des Rana Tharu combat ce fléau.
Aujourd'hui, les nouvelles générations aspirent à autre chose, et rêve de stars de Bollywood. Les jeunes filles ne veulent plus perpétuer ce savoir faire ancestral de la confection de la Gangaria et de l'Anguilla (jupe et haut traditionnels).
Comment se démarquer et se faire une place neuve quand son peuple a toujours été oublié de tous et en particulier du gouvernement ? Comment apprendre à apprendre, quand nos parents et aïeuls n'ont connu que le langage des 5 éléments ?
La grâce de ces déesses vivantes peut-t-elle encore survivre longtemps ?


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Eric Martzloff Membre actif |
Commentaire 1 / 8 publié le 08-06-2011 à 00h15
Un grand merci à Frédéric pour ce travail.
Nous n'avons pas l'habitude de publier autant de photos mais là, difficile d'en faire un tri car aucune description n'est à exclure de ce travail complet. |
Portfolio293 articles 834 commentaires |
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Piplo Membre actif |
Commentaire 2 / 8 publié le 08-06-2011 à 11h47
Effectivement beaucoup de photos, mais quel regard! L'immersion dans le quotidien de ces femmes est rendu ici avec une force esthétique et dynamique d'une remarquable qualité. Merci de nous l'avoir fait partager.
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Noelle-fontaine Membre actif |
Commentaire 3 / 8 publié le 08-06-2011 à 11h54
C'est vrai, un reportage superbe!
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Doch Membre actif |
Commentaire 4 / 8 publié le 10-06-2011 à 15h52
de Belles couleurs , propres aux princesses de la forêt, j'adore le bleu du ciel qui se mêle aux couleurs des jupes et robes ajoutés aux bijoux , vraiment très beau, bravo de nous faire découvrir ses peuples dont nous n'avons que des brèves information la plupart du temps.
Génial Fréd... |
Portfolio2 articles 20 commentaires |
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Milk Membre actif |
Commentaire 5 / 8 publié le 14-06-2011 à 10h28
C'est un reportage magique et magnifique. J'aurais aimé cependant en guise de conclusion, une interaction avec cette culture Bollywood et voir le fossé entre la culture et les traditions proposées ici, et l'avenir des jeunes de ces villages. Les questions posées ne trouvent pas leurs images. C'est ce qui en aurait fait un reportage d'auteur pourtant.
Mais à part ce détail de chipoteur, je trouve le dialogue texte image très bien emballé, et les images... pfff, même pas magnifiques, sublimes et poétiques. Félicitations.
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Theo Membre actif |
Commentaire 6 / 8 publié le 22-01-2012 à 12h03
Merci de poster ce reportage ici. Surtout les portraits que j'aime parce que les gens ne sont pas la pose, ils ne sourient pas artificiellement, de sorte qu'il est juste "cosy" ethniques. Mais # 47 est également très forte. Thanks for posting this reportage here. Especially the portraits I like because people are not posing, they do not smile artificially, so that it is just "cosy" ethnic. But # 47 is also very strong. |
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Lismel Membre actif |
Commentaire 7 / 8 publié le 11-03-2012 à 21h42
Quelles images prenantes. Je me suis vraiment sentie happée dans l'univers de ces femmes (autant que cela est possible via des images, du moins). Beaucoup de dynamisme, des couleurs chatoyantes qui laissent place de temps à temps à des images plus douces qui posent l'ambiance. C'est le genre de reportage qui fait rêver et qui donne envie d'aller à la rencontre des cultures que l'on ne connaît pas encore.
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Hanna B Membre actif |
Commentaire 8 / 8 publié le 29-12-2012 à 02h47
Bonjour, quel appareil photo et quel objectif avez vous utilisez ?
Cordialement |
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