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A-bout-de-Souffre

A bout de soufre par David Guiheneuf

Aujourd’hui, c’est David Guiheneuf qui nous propose son reportage venant directement d’Indonésie. 

Après une courte nuit, j’entame l‘ascension du Kawah Ijen, volcan Indonésien situé à l’extrême est de l’Ile de Java. Dès les premiers kilomètres la pente est abrupte, le jour se lève peu à peu.
Au cours de l’heure et demie de marche qui mène au sommet du cratère, je croise les premiers mineurs qui redescendent leur lourde charge composée de blocs de soufre encore crépitants… 60 à 70 kilos répartis dans deux paniers en osier fxés à chaque extrémité d’un bâton qu’ils portent en équilibre sur leur épaule. Ils semblent amusés de me voir si essouffé, eux qui font ce trajet deux à trois fois par jour.

A bout de soufre - Photo A
Arrivés au sommet, la vue est à couper le souffle, les bords du cratère mêlant un gris argenté et un blanc cassé contrastent avec le lac d’eau sulfurique couleur turquoise et l’épaisse fumée qui m’apparaît une centaine de mètres plus bas.

Il est temps de commencer la descente de presque une heure pour rejoindre le centre du cratère, véritable mine de soufre à ciel ouvert. Au fur à mesure que j’avance prudemment sur le sentier rocailleux qui doit me mener à la mine, le volcan prend une allure de fourmilière où se croisent les mineurs remontant le soufre et ceux qui redescendent, paniers vides, pour une seconde tournée.
Le paysage est réellement splendide, ceux qui travaillent ici doivent en avoir une toute autre vision… respirant à longueur de journée les vapeurs toxiques du soufre, s’infiltrant dans les tissus des vêtements autant que dans ceux de la peau, avec pour seule protection un chiffon humide qu’ils serrent entre leurs dents. Lourde et pénible tâche pour un salaire d’à peine quelques euros.

Un bien dur labeur au détriment de leur santé mise à rude épreuve par l’inhalation quotidienne des fumées du volcan et par l’effort physique quasi sur humain qu’ils fournissent jour après jour. Le travail est rythmé par les éruptions, parfois la terre gronde le soufre jaillit, la fumée ce fait plus épaisse et l’on ne voit plus rien à 2 mètres.Le soufre ainsi extrait est notamment destiné à la cosmétique, aux insecticides, engrais … Le consommateur fnal étant bien loin de se douter des conditions dans lesquelles le produit qu’il utilise a été en partie fabriqué …
A bout de soufre - Photo B
Kawah Ijen sommet du cratère vue sur le lac d’eau sulfurique

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Quelques centaines de mètre plus bas c’est une véritable fourmilière ou les mineurs arrachent aux entrailles de la terre le soufre qui sort du cratère.
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Blocs de soufre qui crépitent encore et qui seront remontés à dos d’homme dans ces paniers. Une charge de 60 à 70 kilos …

Au coeur du cratère … ici les vapeurs de soufre rendent l’atmosphère irrespirable et la visibilité quasi nulle.

E C’est pourtant dans ces conditions que travaillent chaque jour des centaines de personnes.
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Lac d’eau sulfurique le centre du cratère …

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Le soufre s’écoule sous forme de vapeur par des tuyaux enfoncés dans les entrailles du volcan avant de se solidifier au contact de l’air
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Les hommes y travaillent sans la moindre protection et avec des moyens d’extraction des plus rudimentaires.

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Dans un incessant balais les mineurs se relaient certains venant charger leurs paniers d’autres remontant leur lourde de charge à bout de bras.

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4 commentaire

  1. J’ai effectué ce trajet jusqu’au fond du cratère de l’Ijen et il ne faut pas 1h pour y descendee. 20 minutes suffisent amplement depuis le sommet.

  2. Bonjour. Très surpris par les couleurs qui ne correspondent pas du tout à ce que j’ai vu, des excès avec photoshop ou autres ? Pour info j’y suis descendu 6 fois dans ce cratere (2009,2011,2012). Vous pouvez voir mes photos sur mon site. Une petite remarque, je trouve qu’un 1er plan flou me gene dans la lecture. bien cordialement.

  3. magnifique reportage, vous avez réussi à faire des photos merveilleuses d’un enfer… merci

  4. Malgré des photos un peu saturées, un bon reportage qui me rappelle des souvenirs !

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