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Les vierges envoutées du Swaziland

Les vierges envoutées du Swaziland par Matthieu Gorisse-Mondoloni

Les filles d`Ejubukweni, une vallée du Swaziland, ne rateraient pour rien au monde l`annuelle Danse des roseaux. Le rendez-vous est l`occasion de quitter la vallée et les parents pour s`amuser, danser et chanter pendant une semaine entre copines. Mais si la cérémonie puise dans les fonds baptismaux du peuple swazi ses rites, son but a toujours été politique: souder la jeunesse à la famille royale. Selon les décomptes officiels, plus de 80 000 « vierges » ont participé à l`Umhlanga cette année, un record et donc un plébiscite pour le roi, dont l`emprise, au nom de la tradition, sur les affaires du pays, est totale. A l`occasion de la Danse des roseaux, le souverain peut d`ailleurs se choisir une femme parmi les participantes. Il a aujourd`hui treize épouses.

Pour les organisations humanitaires, la Danse des roseaux favorise ainsi la propagation du Sida, qui touche déjà près de 40% de la population, en détachant les jeunes filles de la surveillance parentale pour les héberger dans des camps autour desquels les relations sexuelles ne sont pas rares.

Matthieu Gorisse-Mondoloni

Lomkhosi Maseko, vêtue de la tenue traditionnelle swazie, regarde la vallée d'Ejubukweni devant elle. Porté la tenue à l'effigie du roi est très apprécié par les jeunes filles.
Lomkhosi Maseko, vêtue de la tenue traditionnelle swazie, regarde la vallée d’Ejubukweni devant elle. Porté la tenue à l’effigie du roi est très apprécié par les jeunes filles.
Les vieilles femmes ont une importance toute particulière dans la société swazie. La reine-mère veille au côté du roi, et dans les familles plus modestes, la Gogo, la grand-mère, est le personnage central de la maison. Elle dispose de sa propre pièce, au centre de l'enceinte famililale et est la mémoire de la famille. Gogo Dwadwé se souvient ainsi de ses participations à l'Umhlanga.
Les vieilles femmes ont une importance toute particulière dans la société swazie. La reine-mère veille au côté du roi, et dans les familles plus modestes, la Gogo, la grand-mère, est le personnage central de la maison. Elle dispose de sa propre pièce, au centre de l’enceinte famililale et est la mémoire de la famille. Gogo Dwadwé se souvient ainsi de ses participations à l’Umhlanga.
Créée dans les années 30 pour souder le peuple swazi autour de sa tradition contre l'occupant anglais, la cérémonie de la Danse des roseaux perdure aujourd'hui. L'Anglais est parti mais le roi Mswati III profite de ce rendez-vous annuel pour s'assurer la loyauté de ses sujets et nier aux courants démocratiques toute légitimité. Cette cérémonie est également l'occasion pour le souverain, s'il le souhaite, de se choisir une nouvelle épouse. Il en a treize actuellement.
Créée dans les années 30 pour souder le peuple swazi autour de sa tradition contre l’occupant anglais, la cérémonie de la Danse des roseaux perdure aujourd’hui. L’Anglais est parti mais le roi Mswati III profite de ce rendez-vous annuel pour s’assurer la loyauté de ses sujets et nier aux courants démocratiques toute légitimité. Cette cérémonie est également l’occasion pour le souverain, s’il le souhaite, de se choisir une nouvelle épouse. Il en a treize actuellement.
Embarquées dans des camions, les imbalis (les jeunes filles qui font l'Umhlanga) rejoignent Ludzizini, résidence de la reine-mère. Le trajet est l'occasion de débuter la fête. Chants et cris rythment le trajet. En passant dans la capitale, Mbabane, elles interpellent les passants, et moquent les jeunes filles en pantalon, souvent moins portées sur la tradition swazie que dans les campagnes.
Embarquées dans des camions, les imbalis (les jeunes filles qui font l’Umhlanga) rejoignent Ludzizini, résidence de la reine-mère. Le trajet est l’occasion de débuter la fête. Chants et cris rythment le trajet. En passant dans la capitale, Mbabane, elles interpellent les passants, et moquent les jeunes filles en pantalon, souvent moins portées sur la tradition swazie que dans les campagnes.
Lors du deuxième jour, les filles se rendent chez la reine-mère à Ludzizini. Après lui avoir présenté leurs hommages, elles partent pour une marche de 12 km, rythmée là-encore par les chants et les cris. Elles rejoindront en fin de journée la résidence du roi, qui leur indiquera où elles se rendront pour couper les roseaux nécessaires à leur acte de dévotion envers la famille royale.
Lors du deuxième jour, les filles se rendent chez la reine-mère à Ludzizini. Après lui avoir présenté leurs hommages, elles partent pour une marche de 12 km, rythmée là-encore par les chants et les cris. Elles rejoindront en fin de journée la résidence du roi, qui leur indiquera où elles se rendront pour couper les roseaux nécessaires à leur acte de dévotion envers la famille royale.
Les fils de la famille royale et de dignitaires peuvent participer à l'Umhlanga en portant les matelas des princesses du royaume. Aujourd’hui, les matelas voyagent grâce aux porteurs uniquement sur quelques centaines de mètres, après quoi ils sont transportés avec le reste des affaires royales en voiture et en camion.
Les fils de la famille royale et de dignitaires peuvent participer à l’Umhlanga en portant les matelas des princesses du royaume. Aujourd’hui, les matelas voyagent grâce aux porteurs uniquement sur quelques centaines de mètres, après quoi ils sont transportés avec le reste des affaires royales en voiture et en camion.
Lomkhosi choisit ses brins avec précaution, ils doivent être grands, solides, et sans trop de branches. Mais la communauté d'Ejubukweni a pris les devants, des roseaux ont été coupés et préparés avant le départ des filles.
Lomkhosi choisit ses brins avec précaution, ils doivent être grands, solides, et sans trop de branches. Mais la communauté d’Ejubukweni a pris les devants, des roseaux ont été coupés et préparés avant le départ des filles.
Comme lors de tous les défilés, princesses et filles de dignitaires ouvrent la marche et exposent leurs robes colorées et leurs bijoux, dont les prix sont hors d'atteinte de la vaste majorité des filles présentes.
Comme lors de tous les défilés, princesses et filles de dignitaires ouvrent la marche et exposent leurs robes colorées et leurs bijoux, dont les prix sont hors d’atteinte de la vaste majorité des filles présentes.
Le sixième jour est le point d'orgue de la semaine, c'est aujourd'hui que les filles vont se présenter devant la Reine-mère pour lui apporter les roseaux censés l'aider à améliorer la protection de l'enceinte de sa résidence. A quelques heures du début de la cérémonie, les filles d'Ejubukweni préparent les derniers roseaux...
Le sixième jour est le point d’orgue de la semaine, c’est aujourd’hui que les filles vont se présenter devant la Reine-mère pour lui apporter les roseaux censés l’aider à améliorer la protection de l’enceinte de sa résidence. A quelques heures du début de la cérémonie, les filles d’Ejubukweni préparent les derniers roseaux…
Portia, l'indvuna d'Ejubukweni, s'est assurée que les filles de son groupe soient belles et que les roseaux soient nombreux et lourds. Il en va de la réputation de son village.
Portia, l’indvuna d’Ejubukweni, s’est assurée que les filles de son groupe soient belles et que les roseaux soient nombreux et lourds. Il en va de la réputation de son village.
Les princesses, filles du roi Mswati III, sont les premières à danser après avoir déposer les roseaux. Elles portent la tenue traditionnelle la plus courte et la plus chère.
Les princesses, filles du roi Mswati III, sont les premières à danser après avoir déposer les roseaux. Elles portent la tenue traditionnelle la plus courte et la plus chère.
Bien qu'en tenue traditionnelle, les gardes du corps de Mswati III n'en demeurent pas moins armé pendant la danse des roseaux, prêts à intervenir pour protéger le souverain.
Bien qu’en tenue traditionnelle, les gardes du corps de Mswati III n’en demeurent pas moins armé pendant la danse des roseaux, prêts à intervenir pour protéger le souverain.
Lorsque les imbalis sont toutes rassemblées à Ludzidzini, le roi Mswati III, monarque absolu du Swaziland, entouré de ses guerriers, parcourt les rangs à la rencontre des filles et marque par une révérence les groupes qu'il apprécie particulièrement.
Lorsque les imbalis sont toutes rassemblées à Ludzidzini, le roi Mswati III, monarque absolu du Swaziland, entouré de ses guerriers, parcourt les rangs à la rencontre des filles et marque par une révérence les groupes qu’il apprécie particulièrement.
Les jeunes filles ne sont pas les seules à revêtir la tenue traditonnelle pendant les derniers jours de l'Umhlanga. Les hommes le font également. Présents dans les tribunes du stade où se déroule la cérémonie, ils scrutent les jeunes filles avant d'aller leur présenter leurs respects en dansant. Souvent un premier pas vers une demande en mariage dans cette société polygame. L'Umhlanga est l'occasion pour la jeunesse du royaume de se rencontrer.
Les jeunes filles ne sont pas les seules à revêtir la tenue traditonnelle pendant les derniers jours de l’Umhlanga. Les hommes le font également. Présents dans les tribunes du stade où se déroule la cérémonie, ils scrutent les jeunes filles avant d’aller leur présenter leurs respects en dansant. Souvent un premier pas vers une demande en mariage dans cette société polygame. L’Umhlanga est l’occasion pour la jeunesse du royaume de se rencontrer.
A la lisière des camps, se forment des couples éphémères à l'abri des regards. Chaque année, les associations de lutte contre le Sida dénoncent l'Umhlanga comme une période où les jeunes filles sont à la merci des hommes, sans protection ni cadre parental.
A la lisière des camps, se forment des couples éphémères à l’abri des regards. Chaque année, les associations de lutte contre le Sida dénoncent l’Umhlanga comme une période où les jeunes filles sont à la merci des hommes, sans protection ni cadre parental.
Achetée la veille, la tenue de Lomkhosi est à l'effigie du roi Mswati III. L'Umhlanga est un rendez-vous entre le roi et son peuple.
Achetée la veille, la tenue de Lomkhosi est à l’effigie du roi Mswati III. L’Umhlanga est un rendez-vous entre le roi et son peuple.

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7 commentaire

  1. Très interessant ce reportage
    belles photos en plus.

  2. Intéressant reportage ; je suppose que tu as eu besoin d’une autorisation spéciale pour photographier le roi de si près ?

  3. Bravo pour ce reportage, instructif et bien mit en image.

  4. Matthieu Gorisse-Mondoloni

    @tous: Merci pour vos commentaires!

    @Lucius: il faut une autorisation pour suivre l’ensemble de la cérémonie. Les autorités swazies sont très méfiantes vis à vis des photographes. Ils ont semble-t-il eu quelques problèmes avec des touristes plus intéressés par les jeunes filles dévêtues que par la cérémonie elle-même…
    Pour s’approcher du roi, c’est effectivement compliqué, mais pas interdit selon les moments.

  5. Très beau reportage.

    😀
  6. Matthieu Gorisse-Mondoloni

    @Milk: Merci!

  7. Belles prises de vue et beau reportage

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