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par Eric Beracassat

Surveillante de Prison par Eric Beracassat

Comment survit-on dans une prison d’hommes ? Entre coups de gueule, fouilles réglementaires, tentatives de suicide et évasion réussie ?

Guy, c’est un pseudo, bien sûr, voudrait son « solde de compte ». On n’a pas idée de l’importance, que peut revêtir pour un détenu, un « solde de compte », c’est-à-dire la somme d’argent, qui lui reste sur son compte pénitentiaire, nominatif. C’est ça, aussi être privé de liberté : ne pas être en mesure de savoir ce que l’on possède. Est-ce que le mandat qu’il attend ou pas est arrivé ?  Est-ce que l’Administration a crédité son compte du « salaire » (3,70 € de l’heure) qui lui est versé au titre de petits travaux ?

Guy veut savoir s’il peut « cantiner », s’offrir le « superflu » qui est si nécessaire : des cigarettes, des gâteaux. Stéphanie s’est engagée à lui donner cette information dans la journée : « Si vous vous engagez, il faut respecter votre parole. Sinon, vous perdez toute crédibilité ».

Dans le milieu carcéral, il y a des règles non écrites. Une sorte de code d’honneur qui concerne aussi bien les surveillants que les détenus. Mais où toutes les relations sont comme « dépersonnalisées ». Une surveillante n’a pas de nom, de prénom. Un détenu doit toujours l’appeler « surveillante ». Un détenu n’est même pas un numéro. On en parle comme d’un paquet et cela ne choque plus personne  « Je te l’envoie ? », quand il s’agit de le transférer d’un quartier à un autre.

Entre détenus et surveillants, c’est un peu le jeu du chat et de la souris. « Eux, ils nous surveillent, autant qu’on les surveille ». Guettant la faille, dont ils profiteront un jour ou… jamais ; captant une foule d’informations, probablement inutiles…« On est incarcérées, nous aussi ! Sauf qu’on  en a pris pour vingt ans !», plaisante une surveillante.

 

Site de l’auteur : Eric Beracassat

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8 commentaire

  1. Le reportage et le sujet sont intéressants. Mais, si je peux me permettre une petite réserve, j’aurai aimé une image avec plus de caractère. Est-ce une volonté de neutralité ?

  2. Merci por le commentaire, pour un photographe il est très dur d’évoluer en milieu carcéral. Toutes les photos ne peuvent pas être publiées. La neutralité est donc un choix.

    Amicalement, 
    Eric
  3. Merci Eric pour ton retour.

  4. D’accord, je comprends mieux.
    C’est une chance de pouvoir publier ce genre de sujet !

    Éric, mais comment as-tu fait pour obtenir le droit de réaliser ton reportage ?
    Les photos ont été filtrées par la prison avant publication ?

  5. J’ai réalisé ce sujet pour un magazine feminin…Oui toutes les photos ont été visionnée par l’administration sur place. Pas le choix, c’est le genre d’endroit ou l’on ne peut pas discuter

  6. j allais faire la même remarque que Emir, une sensation  un peu lointaine, pas vraiment dedans. un peu en dehors. 

    mais si l administration a fait une « sélection » c est peut être pour cela !
  7. c’est vrai, vous avez raisin, mais croyez moi qu’il est très difficile de travailler dans ces conditions. Tout n’est pas photographiable

  8. Pour des raisons de sécurité, certaines photos ont été retirées de la série. Merci pour votre compréhension.

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