Assurance-vie : les associations d’épargnants peinent à briller en France

Les deux principales associations d'épargne, AFER et Gaipare, ont annoncé des taux de rendement pour leur fonds en euros inférieurs à la moyenne du marché.

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Alors qu’elles dominaient autrefois le secteur de l’assurance-vie, ces organisations semblent avoir perdu de leur influence.

AFER et Gaipare en difficulté face à la concurrence

L’Association française d’épargne et de retraite (AFER), leader incontesté avec plus de 750 000 membres, a proposé un taux de rendement de 2,22 % pour 2023, soit un chiffre inférieur à la moyenne du marché. De son côté, Gaipare affiche également un taux en dessous de la moyenne, avec une performance nettement réduite de 2,30 %.

Ces taux décevants font suite à plusieurs années durant lesquelles ces associations sont parvenues à révolutionner l’épargne en France grâce à leurs contrats d’assurance-vie lancés il y a 40 ou 50 ans. Aujourd’hui, elles semblent victimes de la concurrence croissante dans le secteur des assurances et de la faiblesse des taux d’intérêt.

Une industrie en transformation

Pour faire face à cette situation, certains acteurs du marché tentent d’augmenter les rendements de leurs fonds en euros. Dans ce contexte, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) incite les assureurs à puiser dans leurs réserves, notamment la provision pour participation aux bénéfices, afin de mieux rémunérer les clients des fonds en euros.

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Cette provision, qui représente près de 63 milliards d’euros ou 5,4 % des actifs en fonds en euros, appartient aux assurés et est utilisée pour lisser les rendements sur la durée. Toutefois, cette stratégie pourrait s’avérer insuffisante pour redorer le blason des associations d’épargnants.

Des taux artificiels et peu solidaires

Selon Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil Facts & Figures, les taux annoncés par certains compétiteurs tels que la Société Générale Assurances ou MACSF sont illusoirement élevés car ils résultent d’un prélèvement important sur les réserves. En conséquence, chaque assureur joue sa propre partition sans solidarité, privilégiant ses propres intérêts.

Un déclin de l’innovation au sein des associations d’épargne

Pour Cyrille Chartier-Kastler, les associations d’épargne ont perdu beaucoup en termes d’innovation ces dernières années et tendent à se désengager progressivement du marché de l’assurance-vie. Un changement essentiel alors qu’il y a quelques décennies encore, produits comme celui proposé par AFER avaient grandement bouleversé la donne et poussé les banques à se lancer dans ce secteur.

L’un des indicateurs les plus scrutés est le taux de réinvestissement des prestations décès par les bénéficiaires, qui était de 41 % en 2023.

Nouveautés à venir pour AFER et Gaipare

Afin de tenter de retrouver leur succès d’antan, AFER et Gaipare annoncent plusieurs nouveautés pour fin 2024 ou début 2025. Selon Georges Richelme, président de Gaipare, celles-ci seront révélées au cours de l’année prochaine après consultation des organismes concernés.

En attendant, ces deux associations entendent miser sur leurs autres atouts : modération et transparence dans leurs frais de gestion, clarté de leurs contrats et, surtout, performance sur le long terme. Gérard Bekerman, président de l’AFER, affirme ainsi : « Nous ne sommes peut-être pas les meilleurs cette année, mais nous avons bien l’intention de reprendre cette position dans les dix prochaines années « .

Il reste à voir si ces ambitions suffiront pour permettre aux associations d’épargne de surmonter les défis auxquels elles sont confrontées actuellement dans un marché hautement concurrentiel et incertain.

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