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Rangoon, le quartier de Downtown par Jean-Matthieu Gautier

Downtown est l`un de ses quartiers les plus vivants et les plus cosmopolites. Les rues, étroites pour beaucoup, y sont dessinées au cordeau suivant des règles architecturales très précises datant de l`ère britanniques. Elles sont sales, mal pavées et parcourues de rats le soir venu. Elles sont surtout un lieu de vie à toute heure et les gens vous y accueillent avec une entièreté et une spontanéité d`autant plus touchante qu`elle semble devenue insolite dans beaucoup de pays.

Jean-Matthieu Gautier

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L’attente du bus 

Sur Maha Bandoula Street, tôt le matin, le soleil est à peine levé et il fait encore frais, un couple (père et fille ? mari et femme ?) attend son bus. Au fond, dans le flou, la pagode Sule, l’un des principaux lieux de rassemblement des manifestants de septembre 2006.

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Les mitrons

À l’heure du petit déjeuner, ils préparent ces petits pains frits dans l’huile, pas dégoûtants du tout.

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Le chat

Un petit garçon et son chat. Avant la prière du matin, puis l’école. Ou pas.

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Isolationnisme

La plupart des voitures de Rangoun sont des épaves antédiluviennes. La faute en revient à l’isolationnisme du pays pendant l’ère socialiste. Mais parfois, à un détour de rue on aperçoit une de ces antiquités bichonnée avec un soin de midinette.

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Sécurité ?

Rangoun est une ville étrange où les forces de police ne se montrent jamais et où les marques extérieures d’un régime ultra sécuritaire n’apparaissent que rarement. Près du grand marché Bogyoke Aung San, le garde d’un restaurant pour touristes ou pour riches négociants crée une sorte de mini illusion.

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Générateurs

L’électricité est un sujet de discussion passionné à Rangoun, où elle est délivrée gratuitement mais de façon totalement anarchique. Pas d’autres recours, pour beaucoup de personnes, que les générateurs – souvent bien moins modernes que celui-ci d’ailleurs.

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Presse spéciale, spécialisée, spécialement présentée

La presse aussi est un sujet de constante discussion, en Birmanie. Elle est évidemment très contrôlée et souvent censurée. Les Birmans se tournent donc vers une presse de loisirs, sportive, people, mode, etc.

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Un mauvais coup en tête

À deux pas du mythique Strand Hotel, sur Strand road, ce gamin passe visiblement très amusé devant une vendeuse ambulante. À côté, l`une des rares cabines téléphoniques automatiques de la ville.

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La promenade des anglaises

Sur Strand road, vaste boulevard où s’exhibent encore de vieux témoins du Raj britannique – ici un ancien centre administratif –, je trouve à ces dames un air altier d’anglaises sur le tard.

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Le petit vendeur mange

À deux pas des docks, à deux pas du débarcadère des bacs, l’emplacement de ce petit marché semble parfait. Dans les grandes villes comme Rangoun, il n’est pas rare de voir des enfants travailler pour survivre mais ce phénomène a cependant tendance à s’atténuer.

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Trishaw sur Strand road

Un air de colonialisme, forcément anachronique ailleurs mais pas le moins du monde ici. À la ville ou à la campagne, le trishaw compte parmi les modes de transports les plus utilisés en Birmanie.

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Timide fou-rire

La mère, la fille, la grand-mère. L’immeuble a vu naître la grand-mère, les deux autres ont suivi. On pourrait dire beaucoup de choses des jeunes birmanes de Rangoun mais pas qu’elles sont timides. Une certaine réserve cependant les caractérise, d’où peut-être, ce geste de fou rire étouffé.

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Jeune birman s’inquiète pour son avenir

« Tu vas partir à l’étranger dans très peu de temps, tu seras riche, tu pourras faire venir ta famille, tu… » Le nombre de jeunes rêvant d’aller vivre, étudier ou chercher du travaille à l’étranger (Singapour, Thaïlande, Corée du Sud, États-Unis etc.) est ahurissant en Birmanie.

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Yangon river – bras d’acier

En fait de fleuve, la Yangon river, Downtown, se contente de marquer une frontière. Guère plus. Ses quais sont « interdits » d’accès et il faut grimper les étages pour voir autre chose que les extrémités des grues.

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Les joueurs

Sur les trottoirs disjoints, un peu partout, à peu près à toutes les heures du jour mais plus particulièrement en fin de journée quand la chaleur se fait moins étouffante, les gens s’installent pour jouer, aux échecs comme ici, aux dames plus loin, aux cartes, etc..

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Cancer

En face de l’antique « general hospital » de Rangoun, immense bâtiment colonial rouge brique, une communauté de sœur possède encore une vieille maison branlante, décatie et dont une partie du toit a été emporté par le cyclone Nargis. Elles y accueillent les malades pour qui les frais d’admission à l’hôpital sont totalement prohibitifs, comme cette dame âgée originaire du delta de l’Irrawaddy.

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Pure Water

Dans une grande ville comme Rangoun – qui compte une population de plus de 4 millions d’habitants – la question de l’eau potable est un problème forcément récurrent.

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Birmane

Voici – probablement – l’un de ces petits détails qui frappe le plus en Birmanie : les gens se tiennent droit. Cette jeune femme m’a fait penser à Aung San Suu Kyi. Une femme debout, souple, une sorte de roseau à qui il doit arriver de pencher mais qui ne rompt pas.

 

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Les travailleurs

Trois hommes assis dans une encoignure ombragée regardaient s’activer ces travailleurs en fumant et en commentant leurs gestes. Contrairement à beaucoup de villes asiatiques (ou à d`autres quartiers de la vill) où à la conservation, on préfère se lancer dans le neuf et dans l’ostentatoire, Downtown on rénove, pas le choix, avec des bouts de ficelles.

A ne pas louper

A bout de soufre par David Guiheneuf

Aujourd’hui, c’est David Guiheneuf qui nous propose son reportage venant directement d’Indonésie.  Après une courte nuit, ...

9 commentaire

  1. Merci pour ce reportage !

  2. Belles images aux couleurs délavées comme les bâtiments de l’ex-capitale.

  3. Bonjour

    J’aime beaucoup le rendu des couleurs.
    Un peu moins les distances, ou alors tu as voulu accentuer le côté « voyeurisme ». Mais le texte d’introduction laisse à penser le contraire.
    Ce n’est que le ressenti personnel d’un petit amateur.
    Alain
  4. Jean-Matthieu Gautier

    Merci à tous,
    Ongalain, ais-je voulu accentuer le côté « voyeurisme » ? Je ne crois pas.
    Et cependant, le besoin de photographier les gens de la rue au plus près a très souvent été l’une de mes préoccupations premières pour réaliser cette série.

  5. pour moi, le voyeurisme serait plutôt représenté par une photo prise de loin au télé… Les torchons dans les kiosques en sont plein d’exemples ;)))

  6. Up! Pour moi je trouve les couleurs délavés un peu « injustement travaillées ». Ce sont des couleurs (non naturelles) que nous avons l’habitude des voir plutôt sur des thèmes Cubains, ou pro-urbain par exemple.

    Le Myanmar est riche en couleur et contraste éxagérément avec l’ambiance, les rues en terre, ou grises de mauvais béton… Et je ne retrouve pas ça.
    Après un oeil habitué à ces pays à un référenciel qu’il est difficile de mettre de côté.
    Mais je trouve que le traité « urbain » ne met pas en avant le côté « quartier le plus vivant et cosmopolite » de la capitale justement.
    Graphiquement parlant. Déformation pro, donc ne prends pas ça au pied de la lettre. Ce n’est pas du tout une critique.
    Photographiquement parlant, j’aurais aimé être plus immergé dans ce fabuleux pays, plus proche des gens photographiés. Je ressens comme une distance, une barrière entre la scène en mon oeil. Comme si tu avais été timide avec ta photo, réticent à volé un instant de leur vie. Peut-être aussi est-ce du à la colae utilisé. Ou au fait que l’impatience a shooté un instantané sans regard direct, plutôt comme une estampe que comme une photo.
    Pourtant le cadrage lui, démontre que tu étais posé et réfléchi, c’est bien cadré, c’est respirant. Mais je ressens une étrange distance.
    En voyage la photo de rue et surtout de portrait de rue n’est jamais aisée. On est souvent pressé, on veut tout voir, tout shooter, on veut « collectionner les gens et paysages » (je faisais ça la première fois que j’ai voyagé qui était mes premières vraies photos) et on oublie de prendre le temps.
    Le télé simule le fait de prendre le temps. Mais le 35 ou 24 oblige à prendre le temps, voir à discuter avec les gens.
    Reflexion personnelle pure 😛

    J’ai la même problèmatique…
    Pour Celà, je m’oblige à ne pas prendre plus de 85mm en voyage. OUCH, oui c’est reloud. Mais finalement je n’ai pas l’utilité d’un 200… Je fais quasiment tout au 35 et 50mm Et j’ai plus l’impression d’être au coeur de mon sujet.
    Ce n’est pas un exemple à suivre car j’ai pas mal de difficultés à shooter les gens dans la rue. Pas photographiquement, mais plutôt respectueusement.
    Tu pourrais nous en dire plus sur ton trip ?
    Ton matériel ? Ou tu es passé ? Les gens que tu as rencontrés ?
    je suis toujours gourmands de ce genre d’infos pour ce genre de photos ou reportages.
    En tout cas, très jolis pays, et bon reportage. Ca fait plaisir de voir que tu as pris plaisir à prendre des photos là-bas.
  7. Jean-Matthieu Gautier

    Hello,
    J’ai utilisé un Pentax K20D avec un objectif 35mm (donc équivalent 50 en 24×36).
    Encore une fois, j’aime prendre les gens au plus près mais sans leur imposer mon objectif sous le nez.
    L’Asie est trompeuse pour les photos de rues parce que la grande majorité des gens se prêtent à ce jeux avec une facilité que l’on ne retrouve pas ailleurs.
    Mais cela n’empêche pas une certaine forme de respect – la photo étant en soi un acte plus ou moins agressif.

    ..

  8. Ok !

    35mm c’est l’indispensable je trouve 🙂 C’est marrant parce que j’aurais juré que c’était un 50mm ou 60mm APS-C vu la gestion des profondeurs et tout.
    C’est vrai qu’au 35mm c’est difficile d’être discret (contrairement à ce qu’on peut penser), et il y a une relation très direct entre le photographe et le photographié. Et comme tu le dis l’asie (du sud-est en tout cas, et l’himalaya) à ceci de troublant que les gens se laissent photographier « facilement ».
    Mais culturellement ils ont une notion de l’image qui touche au quotidien, alors que chez nous nous avons une vision un peu coincée de l’image, comme la littérature. En dehors de ça c’est un mélange de politesse, et de commerce. L’asie a compris depuis bien longtemps qu’avec un sourire tu vends de tout facilement.
    Ils jouent le jeu mais ça peut aussi être un problème, car on perds en spontanéité, mais c’est là que l’on peut entrer en contact avec les gens, et aller bien plus loin. Avec du temps.
    En tout cas bien joué 🙂
  9. Le vignetage façon script holga, je ne le trouve pas judicieurx. Le traitement couleur à le mérite d’être très homogène.
    Je ne trouve pas que toutes les plaques présentées soient de la même force ( 9 et 10 me semblent amener peu d’éléments et les sujets sont écrasés ).

    Parfois un peu loin aussi mais chouette démarche.

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