Marché immobilier en France en 2024 : une crise qui nécessite une grosse réforme fiscale ?

Alors que la France fait face à une crise du logement sans précédent, de nombreux experts estiment qu'il faudra davantage que quelques mesures fiscales pour apporter des solutions durables.

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En dépit des efforts fournis par le gouvernement au travers de sa loi de finances pour 2024, il semble que cette réforme ne suffira pas à répondre aux défis posés par la situation actuelle du marché immobilier.

Les limites de la loi de finances 2024 et ses effets sur l’immobilier

Bien que plusieurs mesures aient été annoncées dans le cadre de cette nouvelle législation, aucune d’entre elles n’apparaît comme véritable observateur du secteur, plusieurs spécialistes affirment que cette réforme fiscale ne constitue pas une réponse globale permettant de pallier les problèmes rencontrés dans le domaine de l’immobilier. L’absence de mesures phares pour ce secteur est pointée du doigt par bon nombre de professionnels, notamment lors d’une conférence organisée le 9 janvier par l’Union des Propriétaires Immobiliers.

Trois mesures préoccupantes pour les propriétaires immobiliers en 2024

Même si cette loi de finances ne représente pas une solution complète, il convient néanmoins de s’intéresser aux différentes dispositions qui impacteront directement les propriétaires immobiliers en 2024. Parmi ces nouvelles mesures, trois d’entre elles font particulièrement écho et pourraient coûter cher aux propriétaires.

La suppression progressive de la taxe d’habitation

Afin de compenser l’allègement progressif de la taxe d’habitation prévu sur les résidences principales, le gouvernement a mis en place un dispositif de transfert des taxes foncières vers les communes et intercommunalités. Cette mesure pourrait se traduire par une forte augmentation des impôts locaux pour certains propriétaires immobiliers à partir de 2024.

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Le durcissement du régime fiscal des locations meublées non professionnelles

Les propriétaires qui louent leur bien en meublé non-professionnel (LMNP) pourraient être également touchés par cette réforme fiscale. En effet, la loi de finances 2024 prévoit un durcissement du régime en leur imposant désormais un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur leurs revenus locatifs. Ce changement pourrait engendrer une hausse importante de la pression fiscale pour ces propriétaires.

L’encadrement plus strict des plus-values immobilières

Enfin, dernier élément notable : un encadrement plus strict des plus-values immobilières est également envisagé. Il serait notamment question de plafonner les abattements pour durée de détention du bien, ce qui pourrait potentiellement limiter la rentabilité des opérations de vente réalisées par les propriétaires immobiliers à compter de 2024.

Vers une réflexion globale sur la fiscalité et le marché immobilier français

Au-delà des mesures prévues par la loi de finances pour 2024, il apparaît clairement que la France doit engager une réflexion approfondie sur sa politique fiscale en matière d’immobilier. Pour sortir de cette crise actuelle et apporter des solutions concrètes aux différents acteurs du marché, il sera nécessaire d’envisager des réformes structurelles plus larges et cohérentes.

Promouvoir le logement social et favoriser l’accès au logement

Dans ce contexte, le gouvernement devra redoubler d’efforts pour promouvoir le logement social et aider les ménages modestes à accéder à un logement décent. Cela passe notamment par le développement d’une offre locative adaptée à leurs besoins, mais aussi par le renforcement des dispositifs d’aide à la pierre existants ou encore le soutien aux primo-accédants.

Encourager l’investissement dans le secteur immobilier

Parallèlement à ces mesures, il est également primordial d’encourager les investisseurs à participer activement au marché immobilier français. En repensant la fiscalité applicable aux investissements locatifs, notamment en facilitant l’accès aux dispositifs existants et en proposant de nouvelles incitations fiscales, le gouvernement pourrait ainsi soutenir la construction de logements neufs et favoriser la rénovation du parc immobilier existant.

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Repenser les dispositifs d’aide aux communes et intercommunalités

Enfin, il est essentiel de réformer en profondeur les mécanismes d’aide aux collectivités locales pour leur permettre de financer efficacement leurs politiques publiques en matière de logement. La mise en place d’un système plus équitable et transparent, fondé sur des critères objectifs, contribuerait à responsabiliser les élus locaux et garantirait une meilleure utilisation des fonds publics dédiés au logement.

En somme, face à l’enjeu majeur que représente la crise du logement en France, il apparaît nécessaire de repenser en profondeur les politiques publiques en matière d’immobilier et de fiscalité. Seule une approche globale, concertée et ambitieuse permettra de relever ce défi et d’apporter des solutions durables au marché immobilier français.

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